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jeudi 9 février 2017

A lire absolument : La Bibliothèque des coeurs cabossés

Il fallait absolument que je vous parle du livre que je viens de terminer. La Bibliothèque des cœurs cabossés de Katarina Bivald est un livre qui fait du bien. Il met du baume au cœur et vous laisse avec un grand sourire aux lèvres.

8€ sur Amazon
Les livres sur les livres, évidemment ça me tente toujours. Depuis Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, il faut pourtant dire que je n’avais pas particulièrement accroché sur l’un d’entre eux jusqu’à ce que je découvre ce petit bijou. Une belle histoire toute simple, des personnages attachants, et une vraie ambiance. Si vous cherchez un livre d’action où il se passe des choses à chaque chapitre, passez votre chemin. Ici, on est plutôt dans le genre « je savoure chaque page, je respire le parfum du livre, j’écoute le chant du vent dans les maïs et le battement de cœur des personnages ; d’ailleurs, on voudrait qu’il ne finisse jamais, ce livre – c’est pour dire !

Je ne sais pas si vous avez vu ce film d’art et d’essai devenu un succès mémorable, Bagdad Café, avec ces personnages captivants, cette lumière extraordinaire, cette langueur, ce rythme si particulier d’un coin perdu au milieu de nulle part où soudain apparaît une étrangère qui tisse des liens. Eh bien, La Bibliothèque des cœurs cabossés, c’est un peu de ça. Du bonheur, tout simplement.

D’abord, il y a Sara, une Suédoise qui a passé sa vie dans les livres, au point de n’avoir jamais vraiment vécu. Après avoir perdu son job de libraire, elle décide de partir dans l’Iowa rencontrer Amy, une vieille dame amoureuse des livres avec laquelle elle a entretenu une correspondance assidue pendant quelques temps. Elle débarque dans une bourgade perdue au milieu des champs de maïs, décimée par la crise, pour découvrir que son amie vient de mourir. Après quelques jours à se demander ce qu’elle va bien pouvoir faire, cette jeune femme un peu gauche mais généreuse et passionnée de lecture, décide d’ouvrir une librairie avec les livres d’Amy et d’offrir aux habitants de Broken Wheels une nouvelle forme d’espoir.

L’écriture est belle. La façon d’intercaler entre les chapitres une lettre d’Amy tombe juste. La romance est amenée tout en finesse. Les amitiés se créent avec justesse, en douceur. Sans compter le nombre de livres cités qui rappellera de bons souvenirs ou incitera à découvrir de nouveaux auteurs.


Bref, un vrai coup de cœur pour ces cœurs cabossés ! Faites-vous plaisir : courez l’acheter ! A 8€ en format poche, ce serait bien dommage de vous en passer :o)

A très bientôt sur Les Arts d'Alexe !

jeudi 18 février 2016

José Carlos Somoza : L'Appât et La Caverne des Idées

José Carlos Somoza est un écrivain espagnol (bon, il est né à La Havane, mais il vit à Madrid, donc on va considérer qu'il est intégré !) que j'ai découvert il y a quelques années et qui m'a beaucoup impressionnée. Pour tout vous dire, il continue même de m'impressionner chaque fois que je lis un nouveau livre de lui... Je m'étais promis de vous le présenter... Pour commencer, une petite interview de l'auteur (en espagnol) :




Le problème, c'est qu'il est assez difficile de résumer et expliquer ses livres, tant ils mêlent philosophie, thriller psychologique, références littéraires et historiques, science fiction, tout cela orchestré par une écriture superbe dans un style percutant. Les livres de Somoza sont d'une classe à part, de petits chefs d'oeuvre ciselés de main de maître par un psychiatre de métier qui donne un bon coup de pied à la littérature traditionnelle. Une véritable exploration de l'esprit.

Mon premier choc, ça a été L'Appât. Jamais je n'avais lu un thriller aussi étrange et prenant. L'ambiance de ce livre est unique et l'histoire sort complètement des sentiers battus. 

En gros, un tueur en série particulièrement retors se déchaîne dans Madrid. Les derniers espoirs de la police reposent sur Diane, une jeune fille formée à un nouveau type de profilage basé sur l'identification et la personnification des désirs les plus profonds des meurtriers, incarnés par des caractères des pièces de Shakespeare. Les actes de ces personnages, leurs besoins et leurs pulsions sont décryptés par les profileurs pour pouvoir créer la victime idéale, celle à laquelle le tueur ne pourra pas résister. 

Pour l'attraper, Diane se transforme en appât parfait et replonge au cœur de ses propres traumatismes pour retrouver le monstre qui s'est attaqué à ce qu'elle a de plus cher, quitte à y perdre son identité, sa santé mentale, voire sa vie. 

Un livre qu'il faut avoir lu !

Avec La Caverne de Idées, José Carlos Somoza a de nouveau frappé fort : pas grand chose à voir avec l'Appât, sinon l'originalité de l'intrigue, la complexité de la construction et la limpidité de l'écriture. 

Ce livre nous transporte à l'époque de Platon. Un jeune éphèbe est retrouvé mort, apparemment attaqué par les loups. Diagoras, son maître à l’Académie et Héraclès, le déchiffreur d'énigmes, enquêtent. 

Mais voilà, ceci n'est que l'histoire dans l'histoire puisque ce que nous lisons est la traduction d'un texte grec réalisée en direct par le Traducteur, dont les commentaires à propos d'un sens caché derrière cette histoire de meurtre deviennent de plus en plus présents au cours de l'avancement du livre. 

Peu à peu l'histoire de l'enquête se mêle à la vie du Traducteur... 

Philosophie et littérature, réalité et fiction, on dénoue peu à peu le fil d'Ariane jusqu'à arriver jusqu'à une fin spectaculaire. Une réussite ! 

Parmi les autres livres de Somoza, à recommander particulièrement Clara et la Pénombre, qui se passe dans un milieu artistique bien particulier, ou encore l'énigmatique Daphné disparue, dans lequel un romancier célèbre cherche à retrouver sa mémoire disparue, avec en surimpression les Métamorphoses d'Ovide.

L'Appât - Edition Babel Noir - 9,80€ sur Amazon
La Caverne des Idées - Editions Acte Sud - 8,70€ sur Amazon

Bonne lecture et...

A très bientôt sur Les Arts d'Alexe ! 


vendredi 20 novembre 2015

L'agneau de Christopher Moore : nouvelle Bible désopilante !

Mais qu'a fait Jésus entre le soir de Noël où il est né et ses 33 ans ? On sait bien que le temps a tendance à passer très vite, mais tout de même : quand vous lisez les Évangiles - eh oui, même une agnostique comme moi les a lues:o) - tout ça, c'est assez mystérieux : on a l'impression que Jésus est passé directement de la crèche à l'âge adulte. Heureusement que Biff, ressuscité pour l'occasion de ce drôle de livre, est là pour rétablir quelques vérités oubliées ! 



Biff, c'est le meilleur pote de Jésus, son copain d'enfance, celui avec qui il a fait les 400 coups et qui nous raconte tout ce qu'on ne nous a jamais dit sur ces années perdues. Son Évangile à lui, écrite sous la surveillance de l'ange Gabriel, est pleine d'anecdotes amusantes, tendres... et parfaitement irrévérencieuses.

Je n'ai pu m’empêcher de partager mes fou-rires avec la famille et les amis, qui ont adopté le livre à leur tour. Quand Jésus découvre les joies du bacon, se pose des question sur le sexe ou se faufile de nuit pour aller circoncire la statue d'Apollon, j'avoue que garder son sérieux était absolument impossible ! Les Rois Mages vous apparaissent soudain sous un autre jour et le tour du monde de Jésus avec son passage chez les Yétis est hilarant. 

700 pages de rigolade (quelques passages un peu longs, mais rien de bien grave !). Que demander de plus en ces temps moroses ?

Un livre joyeusement subversif, talentueux et imaginatif mais fondé sur une base historique solide. A ne pas manquer !

L'Agneau
Christopher Moore
10€90 chez Amazon

Bonne lecture et...

A très bientôt sur Les Arts d'Alexe !

mardi 3 novembre 2015

Un livre d'Art format XL pour le plaisir des yeux : "Ors" ou la peinture gothique

J'ai eu mon Noël avant l'heure !!! Après une visite au Louvre, le passage obligé par la librairie me coûte toujours bien plus que l'entrée au musée, vu que j'ai la carte des Amis du Louvre et que je rentre sans payer... Je jure que je me retiens, mais je finis toujours par prendre un magazine, ou un livre VRAIMENT pas cher (qu'est-ce que je fais comme économies à la librairie du Louvre, vous n'imaginez pas !). Je reste quand même dans des limites raisonnables : jamais plus de 25€ en utilisant mes chèques lire, autrement dit, l'équivalent du prix de l'entrée, ou à peine plus...

Autre achat récent... à recommander !

Mais là, j'y suis allée avec Cher et Tendre, et, au lieu de me retenir dans mes envies de tout acheter, il a tendance à m'encourager dans mes folies. Résultat : nous nous sommes arrêtés à la boutique AVANT d'aller voir l'expo et, après avoir bavé pendant 10 minutes devant une petite merveille de livre sur la peinture du Moyen-Age et de la Renaissance, j'ai vaillamment refusé de l'acheter. C'est vrai, quoi : ai-je vraiment besoin d'un livre en plus sur cette période, avec tous ceux que j'ai déjà dans ma bibliothèque ? Surtout de ce format XL qui ne rentre pas dans les étagères (42 cm de haut, 36 cm de large...) ? Et qui pèse un âne mort à ramener à la maison ? Et qui, même à moitié prix, coûte encore une cinquantaine d'euros ? Et... et en repassant APRES l'expo, Cher et Tendre me l'a acheté :o)))...

Il est super-beau ! Même la tranche est dorée, c'est pour dire ! Il y a plein de gros plans de détails d'annonciations, de retables du gothique flamboyant. Bref, il est tout juste somptueux. 315 pages de pur bonheur. Giotto, Simone Martini, Gentile da Fabriano, Vivarini, Masaccio... Rien que du magique ! Finalement, il n'est vraiment pas cher pour ce que c'est... et en plus, comme on va à Valence pour Noël et que Ryan Air est vraiment pénible sur le poids des bagages, j'ai pu l'avoir dès mon retour à la maison... C'est-y pas génial, ça ?

Bon, ce n'est pas tout, ça, mais vous voulez peut-être savoir comme il s'appelle, ce livre magnifique ?
Le voici :

Ouvrage collectif -  Editions Place des Victoires

Il est actuellement sur Amazon à 49.90€, et si vous souhaitez le feuilleter, je vous propose d'aller voir sur le site de l'éditeur.

Un beau cadeau à faire ou à s'offrir ! 

A très bientôt sur Les Arts d'Alexe !

vendredi 5 juin 2015

La Leyenda del Ladron de Juan Gomez-Jurado : super bouquin d'aventure

Malheureusement pas (encore) traduit, mais étant donnée sa qualité, on peut espérer que ça se fera bientôt !

Juan Gomez-Jurado est journaliste. Il a écrit plusieurs romans, dont certains ont connu un succès plus que notable, comme Espion de Dieu, un thriller qui se déroule dans le cadre du Vatican.

Le livre dont je souhaite vous parler est très différent : il s’agit d’un roman épique, une grande histoire d’amour et d’aventure dans le Séville du XVIème siècle. On y rencontre des assassins, des mendiants, des prostituées, des notables et des commerçants pas toujours très honnêtes.



Le héros de l’histoire est Sancho, un orphelin trouvé par un certain Miguel de Cervantès (eh oui !), qui cherche à faire son chemin dans la vie et croise des personnages aussi différents que le Roi des truands de Séville, William Shakespeare, un esclave noir muet et une belle apothicaire indienne. Tour à tour voleur, galérien, vengeur masqué, bretteur au grand cœur et amoureux éperdu, Sancho devient celui dont s’inspirera Cervantès dans le livre le plus célèbre de la langue espagnole.

Les personnages sont admirablement décrits ; le style est enlevé ; l’ambiance est là. Bref, un grand succès et un livre que je recommande chaudement ! La leyenda del ladron : à ne surtout pas manquer !

A très bientôt sur Les Arts d’Alexe !

mardi 21 avril 2015

Jean-Luc Bannalec, un Breton vraiment international... et une excellente série policière

C’est une histoire vraiment pas banale. J’étais de passage à Séville l’an dernier quand j’ai vu à la vitrine d’une librairie LE succès de l’année en Espagne : El misterio de Pont-Aven, de Jean-Luc Bannalec. Chouette, que je me suis dit, un auteur français (un Breton !!!) qui marche à l’étranger ! Je vais acheter son bouquin en rentrant en France… Seulement voilà, une fois à Paris, de Jean-Luc Bannalec en français sur Amazon, point du tout. Il existait seulement en espagnol et… en allemand. J’ai acheté la version espagnole, me disant que ce type était vraiment marrant et qu’on n’était jamais prophète en son pays… ?


Le livre était excellent et je dois dire que je me suis beaucoup amusée. La description de Pont-Aven, des Bretons et du Parisien débarqué en Bretagne est tellement juste qu’elle en est hilarante. J’ai pas mal pensé aux remarques de Cher et Tendre en lisant les pensées du Commissaire face au chauvinisme régional, son problème avec la prononciation des noms, son opinion sur les locaux. C’est du vécu, sans aucun doute ! ?

Le scénario est bien ficelé, on suit avec intérêt le Commissaire qui mène une enquête sans temps mort, même si il n’y a pas vraiment de surprise. Je dirais que le livre vaut surtout pour l’ambiance, l’érudition (moi qui connais bien le coin, j’ai quand même appris plein de trucs ;o) !) et un style littéraire vraiment épatant. Les descriptions sont toutes en finesse ; on a l’impression d’y être ! Les personnages sont attachants, plein de défauts. Bref, on y croit et j’ai adoré ! ?

Et puis voilà, en cherchant sur internet (on trouve tout quand on cherche), j’ai découvert que Jean-Luc Bannalec était le pseudo d’un auteur allemand :o) !!! Depuis, il a été traduit en français, donc je vous recommande d’en profiter. Moi j’ai acheté le second tome (qui se passe aux iles Glénan – sans s, alors que l’école de voile en prend un, comme je l’ai appris dans le livre ! ) et c’est un délice. Je ne vous parle pas du passage sur la dégustation du homard : pour un peu j’aurais pris le train vers mon coin de Bretagne à moi rien que pour retrouver le plaisir qu’il décrit dans son livre… Epicurien, voilà la description qui me manquait ! 



Alors, faites-vous plaisir et lisez Bannalec : en français, ses livres sont sortis sous les titres suivants :
- Un été à Pont-Aven
- Etrange printemps aux Glénan

Deux autres sont déjà sortis en allemand… et une série TV est en cours paraît-il.

Bonne lecture et…
A très bientôt sur Les Arts d’Alexe !

lundi 19 mai 2014

Umberto Eco et les lieux de légende

Ca faisait bien longtemps que je ne vous avais offert une petite critique littéraire. Ce n'est pas faute de lire, et ceux qui me voient régulièrement pourront en attester, mais depuis quelques temps, soit je me plonge dans des livres d'art - et je vous en conseillerai peut-être quelques-uns un de ces jours, le Père Noël ayant été particulièrement généreux dans cette catégorie de cadeaux l'an dernier - soit je lis des livres tout venant qui ne méritent pas forcément de paraître dans ce blog :o) même s'ils me distraient bien sur le coup. 

Et puis, je dois avouer n'avoir pas trop de temps pour écrire, alors je me concentre essentiellement sur les expos que j'ai faites, histoire de rester dans le thème du blog!!!

Tout ça pour vous dire que je fais aujourd'hui une exception pour vous parler du dernier essai d'Umberto Eco sur L'Histoire des Lieux de Légende, un livre à la fois magnifique et passionnant. Magnifique, parce qu'il présente un choix de tableaux splendides, de toutes les époques, des reproductions de grande qualité qui illustrent au mieux les sujets traités ; passionnant par son thème et la façon dont il est exploré.

Chaque chapitre commence par une explication du lieu choisi (la terre plate, l'Atlantide, Thulé, le royaume du Prêtre Jean, etc.) et de la façon dont il a été imaginé et traité au cours de l'Histoire par différents écrivains représentatifs de leur époque et de la pensée du moment (Platon, Dante, Jules Verne...). Le texte d'Eco est suivi d'extraits d'oeuvres de ces mêmes auteurs qui illustrent ses propos.


Un ouvrage à la fois bien écrit, divertissant et un très beau livre d'Art. Que demander de plus ? Peut-être qu'il soit un peu moins cher (35€) mais il ne l'est finalement pas beaucoup plus que les nouveautés habituelles qui ne sont pas illustrées. Donc un livre à offrir ou à s'offrir, pour compléter la collection que vous aurez commencée avec L'Histoire de la Beauté et L'Histoire de la Laideur du même auteur (maintenant vendus ensembles, pour ceux que ça intéresse).

Bonne lecture et... A très bientôt sur Les Arts d'Alexe !

lundi 30 septembre 2013

La Vérité sur l'Affaire Harry Québert de Joël Dicker

Aujourd'hui , je ne vais pas vous parler d'un livre franchement récent puisqu'il est paru il y a maintenant près d'un an. Cela faisait un moment que j'avais envie de le lire, depuis que j'avais vu l'auteur en parler dans l'émission littéraire "La Grande Librairie". Et puis je l'ai oublié (honte à moi !). Il y a tant de nouveautés que l'on finit par ne plus savoir quoi lire... Toujours est-il que je l'ai retrouvé avec grand plaisir il y a quelques mois, paré de son étiquette rouge "Prix Goncourt des Lycéens 2012 et Grand Prix du Roman de l'Académie Française" (excusez du peu !). Et je me suis donc lancée dans l'aventure.

Roman policier parodique, chronique de l'Amérique d'aujourd'hui et de celle des années 70, critique du monde littéraire et des médias, réflexion sur le succès, ce livre ne manque pas d'attraits ni de points d'entrée. Les personnages sont intéressants et assez fouillés, bien que parfois un peu trop stéréotypés (peut-être volontairement). Les rebondissements sont quelques fois forcés mais l'histoire se suit avec plaisir et les descriptions de cette Amérique où l'on imagine volontiers les grands de la littérature du XXème siècle sont tout à fait convaincantes.

Harry Québert, écrivain mythe de l'Amérique, est soudain accusé d'avoir assassiné 30 ans auparavant une jeune fille de 15 ans avec laquelle il semblait entretenir une liaison. Un jeune écrivain en panne d'écriture, ami et élève du Maître, mène une enquête compliquée pour tenter de l'innocenter. L'étude des personnages et de l'environnement est bien menée ; un petit bémol pour le personnage féminin principal, Nola, et la correspondance échangée entre Harry et elle, pas très crédibles. Au global cependant, une bonne lecture à recommander.

A très bientôt sur Les Arts d'Alexe!

vendredi 3 mai 2013

Artemisia Gentileschi par Alexandra Lapierre ou Les Mémoires de Giorgione par Claude Chevreuil ?

Artemisia Gentileschi est l'une des très rares femmes peintres qui aient laissé une trace durable dans l'Histoire de l'Art. Une exposition lui a été dédiée récemment à Paris et, à cette occasion, le livre qu'Alexandra Lapierre lui avait consacré en 1998 est ressorti en librairie. Artemisia est donc une biographie romancée de ce peintre du XVIIème siècle, fille d'Orazio Gentileschi, et dont la renommée a surtout, malheureusement, été due au viol qu'elle a subi, et - fait extraordinaire à l'époque - au procès retentissant qui s'en est suivi à Rome, aboutissant à la condamnation... puis à la remise en liberté de l'accusé, un autre peintre, Agostino Tassi.

Si le personnage d'Artemisia est intéressant, et son histoire dans l'Italie du XVIIème siècle reste unique, le livre d'Alexandra Lapierre ne m'a pas vraiment laissé un souvenir impérissable. Pas vraiment une biographie, mais pas un roman non plus, il n'arrive pas à se situer. Le style est agréable sans plus. Les détails historiques et les anecdotes font que l'on suit l'histoire sans se lasser, mais la crédibilité des sentiments, des passions et des caractères m'a semblé parfois plus que douteuse.

Dans le genre du roman biographique concernant la peinture, j'ai été beaucoup plus sensible au livre de Claude Chevreuil, Les Mémoires de Giorgione, dont l'écriture autant que la justesse rendent tout à fait crédible une vérité historique autrement contestable, puisqu'on ne sait que très peu de choses sur la vie de Giorgione. Certes, la période de la Renaissance est plus passionnante que le XVIIème siècle, qui a vu la décadence des grandes villes d'Art italiennes. Mais je pense aussi que le souffle donné par Chevreuil à son roman manque dans celui de Lapierre.

Bien sûr, les deux méritent d'être lus, ne serait-ce que par curiosité artistique et historique - et aussi parce que je préfère indéniablement la peinture de Giorgione :o) - , mais d'un point de vue littéraire, je recommanderais bien plus fortement le roman de Claude Chevreuil !

Les deux sont disponibles en format poche

Bonne lecture et...

A très bientôt sur Les Arts d'Alexe !

dimanche 20 janvier 2013

A tous coeurs...

Les auteurs du moment ont semble-t-il à coeur de choisir des titres qui battent au rythme du leur. Et non seulement cela les inspire, mais en plus le coeur qu'ils mettent à l'ouvrage paraît transformer leur travail en un coup de coeur des lecteurs !

Après Le Coeur cousu, de Carole Martinez, dont je vous avais parlé ici l'année dernière, j'ai découvert avec ravissement Le Coeur glacé d'Almudena Grandes, un des livres les plus forts que j'aie eu l'occasion de lire, et enfin je termine en ce moment l'admirable Grand Coeur de Jean-Christophe Rufin. Trois oeuvres aussi différentes que possible les unes des autres et pourtant trois lectures pleines de bonheur que je recommande chaleureusement.

Le Coeur glacé, c'est un énorme pavé admirable qui se déroule sur deux périodes, l'une commençant à l'approche de la guerre civile espagnole pour se terminer au moment où commence la seconde, de nos jours. Une saga incroyable, une quête passionnante et douloureuse, dans laquelle on rencontre des personnages complexes extrêmement bien saisis dans leur grandeur comme dans leur petitesse. Une histoire imbriquée dans l'Histoire, avec des rebondissements et des dénouements inattendus, qui garde le lecteur en haleine jusqu'au bout. Un style puissant et qui, même dans la traduction, ne perd rien de sa spécificité. Bref, un livre fort, poignant, qui fait pleurer et rire, qui donne la chair de poule et qui, malgré ses plus de 1000 pages, se lâche à regret. Almudena Grandes est aujourd'hui comparée aux plus grands auteurs de langue espagnole et ses livres ont gagné de nombreux prix. Du grand art. Et un coup de chapeau à Marianne Millon pour la traduction. Ce Coeur glacé est une fresque grandiose dans tous les sens du terme, à ne manquer sous aucun prétexte ! Et pour ceux que cela intéresse, le titre est un hommage au poète Antonio Machado, mort en 1939. Il est maintenant disponible en livre de poche (2 tomes) pour ceux qui n'aiment pas se promener avec 3 kilos de lecture dans le sac à main :o) !

Le grand CoeurAutre époque, autre style et autre beau livre, Le Grand Coeur est le dernier titre publié par notre Académicien Jean-Christophe Ruffin, un de mes auteurs chouchou. Il se présente sous la forme de l'auto-biographie qu'aurait pu écrire Jacques Coeur, l'Argentier du roi Charles VII (celui de Jeanne d'Arc !), à la veille de sa mort, alors qu'il est poursuivi par des assassins. Un livre un peu mélancolique qui remet le Moyen-Âge en perspective, avec ses jeux de pouvoir, ses acteurs célèbres ou plus obscurs. On voit naître le commerce international, les frontières de la France, les guerres d'influence et le pouvoir de l'argent. Une grande leçon d'histoire dans un style comme toujours très classique et néanmoins parfait. Ruffin est un conteur incomparable qui sait donner vie à ses personnages et à leur environnement. On voit Charles VII, Agnès Sorel et ces derniers chevaliers pathétiques. Et on se prend à suivre avec passion la vie hors du commun de cet homme extraordinaire que fut Jacques Coeur tel que le voit l'auteur, victime de la réalisation de ses rêves les plus fous. "A vaillant coeur, rien impossible", telle était la devise de Jacques Coeur. Un livre séduisant qui donne envie d'y croire... Et il existe en e-book (un peu cher, mais moins tout de même que la version papier).

Voilà, vous avez de quoi vous faire plaisir pour un petit moment. Je vous souhaite une très bonne lecture et...

A très bientôt sur Les Arts d'Alexe !

mercredi 1 février 2012

Carole Martinez, d'un Coeur Cousu au Domaine des Murmures

Enfin une auteure qui fait chanter la langue ! Ca faisait bien longtemps que je n'avais pris autant de plaisir à lire un roman. Un vrai talent de conteuse, allié à un usage magique du français et à une imagination incroyable : voilà la recette d'un succès mérité.

Les deux livres écrits par Carole Martinez, Le Coeur Cousu et Du Domaine des Murmures, sont de purs enchantements. Des livres dont on ne se lasse pas et que l'on prendrait plaisir à lire à haute voix, juste pour la jouissance d'entendre la mélodie des mots. Entre les deux romans, mon coeur à moi balance : si j'ai une légère préférence pour la langue plus affinée du second, l'histoire du premier m'a véritablement envoutée.


Ces deux romans ont en commun la solitude du narrateur, un mélange de beauté et de cruauté, de magie, de rêves avortés et de dure réalité. Les personnages suivent une sorte de chemin initiatique, parfois cocasse, souvent tragique. A la façon des raconteurs d'histoires, Carole Martinez nous emmène dans un univers où le merveilleux semble naturel.

Difficile de raconter un livre où le style et l'ambiance font l'essentiel. Je ne peux malheureusement (ou peut-être que si ?) vous engager à lire ces romans sur mon seul enthousiasme...

Le coeur cousuLe Coeur Cousu, c'est le premier roman de Carole Martinez. Un coup d'essai qui a révélé un grand écrivain. Il se déroule dans le sud de l'Espagne à une époque où les paysans se révoltent contre les propriétaires terriens. La narratrice est la dernière enfant d'une couturière un peu spéciale, Frasquita Carasco, qui a la particularité d'utiliser ses dons extraordinaires pour transmettre de la magie à tout ce qu'elle coud. C'est l'histoire de cette femme un peu sorcière, jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs et qui, ne possédant plus rien que son don, sa vieille robe de mariée et sa carriole, part avec sa bande de gamins sur les routes. Son histoire et celle de ses cinq enfants eux-mêmes dotés de dons étranges. Une ambiance surnaturelle, avec un goût de légende...

Du domaine des murmures - Prix Goncourt des lycéens 2011Du Domaine des Murmures, tout en restant une véritable épopée comme le précédent roman, est un livre plus intime. Celui d'une jeune fille qui, au Moyen Age, décide le jour de son mariage de se faire emmurer dans une cellule pour se donner à Dieu plutôt qu'à celui que son père lui a destiné. De son univers cloîtré dont la seule ouverture est une petite fenêtre pourvue de barreaux, elle voit le monde qui continue à vivre autours d'elle et en elle, un monde spirituel, mystique et un monde réel, à la fois cruel, superstitieux et sensuel. Elle se découvre elle-même, son pouvoir sur les êtres qui l'entourent. Elle découvre aussi l'amour et la folie des hommes. Emouvant, voire parfois bouleversant. Un livre qui vous transporte.

Donc vous voici parés pour commencer cette année 2012 avec de très bonnes lectures !

A très bientôt sur Les Arts d'Alexe !

mercredi 21 décembre 2011

Noël aux tisons


Les chapiteaux du marché de Noël parmi les tours
Photo Les Arts d'Alexe
Ca y est, pas de doute, c'est Noël. Sur le Parvis de La Défense, le marché attire les foules depuis déjà un mois ; les vitrines des Galeries Lafayette et du Printemps font de l'oeil aux enfants (pas tant que ça cette année d'ailleurs et c'est dommage) ; les cadeaux sont bien cachés dans notre chambre, la carte bleue a fonctionné à plein comme chaque année ! ; le sapin décore -et encombre- notre salon ; les guirlandes pendouillent aux meubles... et nous nous creusons encore la tête sur le menu de notre soirée familiale. Et tout ça alors que notre sauterelle a passé les 16 printemps... Les traditions ont la vie dure !

Cher et Tendre en profite pour me rappeler que nous faisions bien plus il y a quelques années, quand Fifille était un petit bout de chou et que nous profitions de sa crédulité pour faire régner le merveilleux à la maison. Tout commençait par la correspondance avec le Père Noël. Pour répondre à la commande de Fifille, celui-ci envoyait par Lutin Express un courrier généralement long d'une page (voire plus) où il parlait de sa santé, de ses rennes et même de la mère Noël qui, si je me rappelle bien, s'entêtait à lui faire manger de la soupe pour éviter les coups de froid. Plusieurs fois au cours du mois de décembre, le Père Noël donnait ainsi de ses nouvelles à notre Poucinette qui guettait le lutin porteur de messages (mais qui ne l'a jamais vu !). Je dois dire que je me suis bien amusée à écrire tout ça et que j'ai gardé les lettres pour que Fifille les lise plus tard ! Nous avons rarement eu un Noël blanc, mais toujours un Noël chargé de tendresse et de sourires.

Joyeux Noël !Et puis, il y a la tradition de l'Avent. Quatre dimanche avant Noël, nous décorions le sapin et allumions la première des quatre bougies de notre couronne. Je passais une partie de mes soirées à préparer les "petits paquets", sachets en papier crépon ou petits anges colorés en papier fort (dont Fifille a longtemps gardé les têtes découpées dans sa chambre, trophées un peu morbide !) dont je garnissais le ventre de petits cadeaux allant des pièces en chocolat à un casse-tête ou une paire de chaussettes. Installés sous le sapin et munis d'une étiquette amusante avec le jour du mois, ils narguaient Fifille et la faisaient patienter jusqu'au 24. Chaque jour de décembre apportait ainsi son petit plaisir, bien plus surprenant que le calendrier Kinder...

Et c'est ainsi que Noël arrivait, chaque journée commencée avec un petit paquet et terminée par quelques pages du magnifique livre intitulé Santa Claus, la légende du Père Noël, de Michael Ploog, avec de très belles illustrations et un Père Noël crédible, tendre et merveilleux, que je recommande à tous les parents qui veulent faire rêver leurs enfants...

Tout cela nous menait finalement au 24 décembre. Le soir, avant d'aller se coucher, Fifille déposait religieusement sous le sapin un grand verre de lait pour le Père Noël et une assiette de biscuits que nous avions préparés ensemble : quelques-uns pour le vieux monsieur et les autres pour les rennes. Je lui ai proposé une fois de mettre un petit verre de cognac (histoire de changer : le lait, c'est sympa, mais après quelques verres de vin à table, c'est un peu difficile à faire descendre pour les parents ;o)...) mais notre petite a été scandalisée et nous a dit que le Père Noël risquait d'avoir un accident de traineau... Sans commentaire ! Nous avons continué avec le verre de lait.

Boules de NoëlEt le lendemain matin, comme dans les belles histoires, la chaussette était pleine de petites babioles et le sapin disparaissait sous les cadeaux. Le Père Noël avait avalé sans sourciller son verre de lait et dégusté les petits gâteaux. Quant à Fifille, elle nageait dans le bonheur... et les papiers cadeaux.

En fait, cette année encore, elle m'a demandé si je ne voulais pas lui refaire le coup des "petits paquets". Mais tout le monde grandit, et maintenant, elle n'attend plus le 25 pour ouvrir ses cadeaux, et elle ne met plus de verre de lait sous le sapin (oufff !). Mais de temps en temps, elle a un petit coup de nostalgie et, en ce mois de décembre où elle approche les 17 ans, nous avons relu ensemble (avec les voix et tout et tout) Santa Claus. Le merveilleux, ça n'a pas d'âge !

Ma cabane au Canada... pour Noël ! Aquarelle Les Arts d'Alexe

A l'année prochaine sur Les Arts d'Alexe !

mercredi 23 novembre 2011

Jane Austen, suiveurs et compagnie...

Je viens de terminer Le club Jane Austen de Karen Joy Fowler, un livre pas tout récent puisqu'il date de 2004. Il a d'ailleurs fait l'objet d'un film sorti en 2007, passé relativement inaperçu et pourtant bien sympathique.

J'ai eu un peu de mal à rentrer dans l'histoire du roman, mais je dois dire qu'ensuite, je l'ai trouvé attachant et plein d'un esprit qui n'est pas sans rappeler parfois l'ironie et la subversion de son inspiratrice. Dommage qu'il manque un peu de peps !

Le club Jane Austen raconte l'histoire d'un groupe de 6 personnes qui se retrouvent au cours d'un été californien particulièrement brûlant pour discuter des livres de leur auteure préférée. Il y a Jocelyn, la bonne cinquantaine fringante, célibataire amoureuse de ses chiens, Sylvia, sa meilleure amie, en instance de divorce, et la fille de celle-ci Allegra qui a été traie par sa petite amie, Bernadette, la retraitée extravagante qui a fait une croix sur sa vie amoureuse, et Prudi, une jeune prof de français, mariée mais pas si sage que ça. Et puis, il y a Grigg, le seul homme du groupe, celui dont on ne sait trop ce qu'il vient faire dans cette galère. Six parties dans le livre, une pour l'histoire de chaque participant qui choisit l'un des six livres écrits par Miss Austen.

Le rapport entre la vie des membres du groupe et celle des personnages des romans est léger, pas toujours évident. On a parfois l'impression que Jane Austen n'est qu'un prétexte, mais bon... On s'intéresse aux aventures de ces gens ordinaires, tous hantés par leurs histoires d'amour passées ou présentes, par leurs échecs et leurs blessures. J'aurais aimé que ce soit un peu plus approfondi, un peu plus abouti... je me suis parfois sentie frustrée !


Il m'a aussi fallu revoir mes classiques ! Une bonne connaissance des livres et des personnages de Jane Austen est en effet indispensable pour apprécier vraiment, même si un court résumé est proposé en fin d'ouvrage. Si l'on n'a pas lu préalablement l'oeuvre d'Austen, on se lassera rapidement des discussions autour de ses personnages et on manquera sans doute la relation entre ceux-ci et les membres du groupe (d'autant qu'elle est parfois très - trop ? - subtile).

Globalement, j'ai trouvé que c'était un bon livre, pas inoubliable mais agréable. La version anglaise est sans doute meilleure, celle en français laissant parfois à désirer...

Only Mr. Darcy Will Do, by Kara Louise (2011)Mais Le Club Jane Austen est aussi pour moi ici un prétexte pour vous parler d'autres livres qui ont utilisé la renommée et la popularité de Miss Austen avec plus ou moins de bon goût. On ne compte plus les remakes et les suites réalisés à partir de son oeuvre, particulièrement Orgueil et Préjugés (dont Cher et Tendre s'est fait une spécialité de transformer le titre de toutes les façons possibles et imaginables). Même sa vie a fait l'objet de livres et de films innombrables. Etant une grande fan, j'ai lu un certain nombre de ces bouquins, avec plus ou moins de plaisir. Je vous avais déjà donné mon avis sur la série assez réussie et ma foi très drôle de M. T. Ford dont vous trouverez la critique ici. J'ai trouvé un autre auteur, Kara Louise, qui a écrit des variantes sur Orgueil et Préjugés qui sont vraiment bien vues en partant de la simple hypothèse "Et si..." le père d'Elizabeth était mort après la demande en mariage de Darcy (Only Mr. Darcy will do), ou "et si..." Elizabeth et Darcy s'étaient déjà rencontrés auparavant sur un navire partant pour les Amériques (Darcy's voyage)... Intéressant, amusant et écrit véritablement dans le style Austen. Enfin un auteur respectueux des personnages, de leurs interactions et de l'esprit de l'époque. Une très bonne surprise !

Dans l'autre sens, LE livre à éviter ou "comment faire du Jane Austen à l'américaine" : The independence of Miss Mary Bennet par Collen McCullough. On attend presque les Indiens et les Cow-Boys. Une catastrophe !  Même notre pauvre Darcy se retrouve affulblé du surnom ridicule de Fitz. Quant à l'amoureux transi de Jane, il apparaît sous les traits... d'un esclavagiste ! On en pleurerait...

Bien, je crois que, pour changer, la prochaine fois, je vous parlerai des VRAIS livres de Jane Austen. Peut-être Persuasion, un de mes favoris, qui clôt les lectures du Le club Jane Austen. Un livre qui dit qu'on a toujours droit à une seconde chance... Alors, imaginons que tous ces auteurs qui se font des sous sur le nom d'Austen et sur le plaisir qu'elle a procuré à ses millions de lecteurs auront celle d'écrire un jour un bon livre !

A très bientôt sur Les Arts d'Alexe !

mercredi 2 novembre 2011

Antimanuel de littérature par François Bégaudeau

J'ai eu ma période vampires en tous genres (voir ici)... et on pourrait croire que pour compenser, j'ai désormais une période livres super-sérieux (voir là). Foin de tout cela, chers amis : en fait, je ne vous raconte que ce que je veux bien vous dire ;o) et, pour ne rien vous cacher, je cours plusieurs livres à la fois. Donc -oui, je sais, j'abuse de ces "donc" qui ne devraient pas se voir, mais je les aime bien... chacun ses petits défauts ! - donc, disais-je, pour vous donner un exemple, en ce moment, je lis simultanément un policier en anglais (Soul Identity, boff), un roman historique en espagnol (de Matilde Asensis, sympa) et... le fameux Antimanuel de Littérature de François Bégodeau dont je suis censée vous parler ici.

Bégodeau, vous le connaissez sûrement grâce à son Entre les murs, qui a donné lieu à un film dans lequel il jouait son propre rôle de prof de français. Un joli succès en salle qui s'est traduit par un beau succès de librairie -ou l'inverse, mais j'en doute. Le livre n'est pas mal et pose déjà la question de ce qu'est la littérature et de comment l'enseigner (ou même s'il faut l'enseigner, et là, nous ne sommes pas forcément d'accord).

Antimanuel de littérature
Dans son Antimanuel, Bégodeau va plus loin. Bien obligé : cette fois, c'est un vrai essai, pas un vulgaire roman ;o) ! Et le but du jeu, dans cette collection, c'est bien de prendre le contre-courant des poncifs habituels. Résultat ? C'est passionnant. C'est drôle (parfois un brin énervant dans son parti-pris d'écrire à la djeun' mais ça fait partie du personnage et aussi du plaisir de le lire). C'est subversif. Et c'est brillant. Une réflexion anticonformiste sur la littérature. Des perspectives sur l'écrivain et la littérature intéressantes. Un ton provoc mais qui s'appuie sur des connaissances littéraires parfois un peu trop vastes et approfondies pour la pauvre lectrice que je suis... Un choix des textes et des images tout à fait innovant et en parfaite adéquation avec son discours, à la fois classique et moderne. Sur le fond, on n'est pas toujours d'accord (moi, désolée, je préférerai toujours Racine à Didier Wampas et je ne les mets VRAIMENT pas au même niveau) mais après tout, c'est bien d'un livre polémique que l'on parle...Sur la forme, on peut s'agacer du style parfois pompeusement confus... ou confusément pompeux ?... ou à d'autres moments excessivement banlieusard, mais le mélange des genres a son charme.

Pour conclure, l'Antimanuel de Littérature est un bouquin ambitieux, cultivé, instructif et un brin délirant. Un bon mix. Je prends !

A très bientôt sur Les Arts d'Alexe !

mercredi 12 octobre 2011

Le Dessous des Cartes : Atlas Géopolitique de Jean-Christophe Victor

Le Dessous des Cartes, vous connaissez peut-être l'émission homonyme qui passe sur Arte chaque semaine. Excellente émission de Jean-Christophe Victor (le fils de l'autre), géographe et géopoliticien (et aussi docteur en ethnologie et diplômé de chinois...). Elle ne dure que 11 minutes donc faut pas la rater ! Comme son nom l'indique, Le Dessous des Cartes utilise le support de... cartes de toutes sortes pour expliquer la géopolitique à Monsieur et Madame Toulemonde. Sujets variés, traitement sérieux et en profondeur sans être barbant. Bref, c'est une émission qui dure depuis maintenant 21 ans et qui représente un must dans son domaine. Et parfois, Cher et Tendre arrive à me l'enregistrer pour que je la voie parce que le samedi, vers 20h, ben en général je ne suis pas devant la télé ! Heureusement qu'il y a la rediffusion ;o)
Aussi, quand j'ai trouvé à la bibliothèque les deux volumes tirés de l'émission, je n'ai pas hésité. Je viens de terminer le premier, paru en 2005 et je l'ai trouvé passionnant. Okay, ce n'est pas le genre de lecture à vous faire rire aux éclats, ni dont vous avalerez les pages en une soirée. Il faut prendre son temps, étudier les cartes et les textes et... soudain vous comprenez pourquoi tel conflit dure depuis des décennies ou pourquoi tel pays ne peut se sortir de son marasme économique. On se sent d'un coup plus intelligent ;o) ! Que demander de mieux ?

Guerres, terrorisme, problèmes climatiques, économiques... les sujets sont abordés d'un point de vue géographique, historique en croisant les informations pour leur donner du sens, en évitant les banalités et les visions manichéennes ou ethnocentriques. Les textes sont clairs, concis ; les cartes expliquent souvent mieux qu'un long discours. Et malheureusement, bien que le premier tome date de 2005, on se rend compte que si le monde change... nous traînons des casseroles qui risquent de nous créer des problèmes pour encore bien longtemps.

Le dessous des cartes : Tome 2 : Atlas d'un monde qui changeUne idée des sujets du premier tome ?  Après une première partie consacrée au différents continents et à des points géographiques précis où on parle des frontières de l'Europe, de la question palestinienne ou de la politique Chinoise, les auteurs abordent des sujets plus vastes et (tout aussi) polémiques du genre : Y a-t-il est guerres justes ou à quoi sert le terrorisme ?

Le Dessous des Cartes - Atlas Géopolitique et le second tome Atlas d'un monde qui change devraient faire partie des lectures obligatoires pour toute personne qui veut comprendre le monde dans lequel elle vit ! Alors si ce n'est déjà fait, feuilletez ces deux livres et attendez comme moi qu'un troisième tome paraisse... Merci Monsieur Victor !

A noter qu'en 2010, un Dessous des Cartes - Atlas junior est aussi paru. Je ne l'ai pas regardé mais ceux qui ont des enfants, ça peut être un truc à voir... 

A très bientôt sur Les Arts d'Alexe !

mercredi 28 septembre 2011

Fin de mes lectures de vacances : True blood, la série de Charlaine Harris

Début août, avant mes vacances, j'ai pris à la bibliothèque deux livres super mais un peu "difficiles" (= du genre que l'on n'avale pas en trois coups de cuillère à pot), La nature dé-naturée de Jean Dorst, un bouquin qui date des années 70 sur l'écologie, et qui malheureusement n'a pas dû être suffisament lu vu l'évolution des choses, et Le dessous des cartes, de Jean-Christophe Victor, aussi passionnant que l'émission du même nom qu'il propose régulièrement sur Arte. Je reviendrai sans doute sur ce dernier lorsque je l'aurai terminé (parce que je le lis par tranches de 6 à 8 pages tant il est dense, donc j'en ai encore pour un petit moment !).

Bref, j'avais besoin de détendre un peu mes neurones et, après quelques lectures très sympathiques mais qui ne méritent pas d'en parler sur ce blog, je me suis lancée dans l'aventure True Blood, dont ma copine amatrice de vampires en tous genres m'avait déjà parlée. Elle m'a donc prêté les livres (il y en a une dizaine) et, quand je me sentirai d'attaque, elle me passera la série TV qui en a été tirée (bien moins bonne selon elle). D'accord, autant vous le dire tout de suite, ce n'est pas de la littérature de haut vol (après tout, qui a dit qu'on attendait toujours ça d'un livre ? Pas moi en tout cas). En tout cas, les personnages sont bien campés, les intrigues sont farfelues à souhait et il y a une vraie ambiance. Donc de bons bouquins pour passer un moment agréable et divertissant.
Sookie (TB).jpg
Anna Paquin, la Sookie
de True Blood

Chaque livre de la série La Communauté du Sud (  (True Blood, c'est le nom de la série télé) a pour héroine Sookie Stockhouse, une jeune serveuse sexy et télépathe dans un coin perdu de Louisiane où des créatures étranges se donnent rendez-vous. Après avoir rencontré un vampire sombre et à croquer (!) dans le premier livre, elle fait équipe avec les acteurs de ce monde étrange pour résoudre des énigmes différentes dans chaque nouvel épisode. Meurtres, aventures, romances, sexe, tous les éléments sont là pour tenir le lecteur en haleine (non, ce n'est pas du Bollywood, c'est bien trop chaud ;o) !!! ). Harris a recréé tout un monde avec ses lois (et ses hors la loi), ses habitants (humains et créatures surnaturelles), ses coûtumes ; bref une vraie communauté. Les livres sont tous racontés du point de vue de Sookie, qui nous fait partager ses sentiments parfois mitigés face à un univers glauque, où l'érotisme, l'exotisme, l'humour et la magie ont la part belle.

Charlaine Harris a parfaitement rendu ces personnages étranges et complexes, tant d'un point de vue physique que psychologique. La télépathie de son héroine nous permet des incursions dans la tête de ses interlocuteurs tout en gardant un point de vue unique, ce qui est intéressant au niveau littéraire et permet de faire avancer l'action de façon parfois inattendue et sans point mort. Donc sans être de grands livres, je trouve très honnêtement que ce sont de bons livres.

Les titres actuellement disponibles (en anglais et pour la plupart aussi en français) sont:

Dead until dark (Quand le danger rôde)
Living dead in Dallas (Disparition à Dallas)
Club dead (Mortel corps à corps)
Dead to the world (Les sorcières de Shreveport)
Dead as a dormail (La morsure de la panthère)
Definitely dead (La reine des vampires)
All toguether dead (La conspiration)
From dead to worse (Pire que la mort)
Dead and gone (Bel et bien mort)
Dead in the family (une mort certaine)
Dead reckoning (sorti cette année et pas encore traduit)

Comme elle en sort un par an, il faudra attendre 2012 pour la suite. Quant aux saisons de la série TV, c'est pareil : 12 épisodes pour une saison représentent... un seul livre ! D'ici à ce qu'ils aient épuisé les bouquins (2 sont encore prévus), leur héroine aura besoin d'une sacré dose de maquillage pour paraître encore ses 25 ans ! Pour info, il semblerait que la série TV soit très librement inspirée des livres, et beaucoup plus gore et sexe mais comme je n'ai pas encore vu...

Pour plus de détails sur les histoires et les personnages, je vous invite à visiter ce site. Sachez toutefois que si vous cherchez sur internet, vous verrez qu'il y a l'embarras du choix, et ce dans toutes les langues...

A très bientôt sur Les Arts d'Alexe !

P.S.: Je viens de regarder les deux premières saisons de la série TV (enfin pas tout à fait : je n'ai pas réussi à aller jusqu'au bout...) : pas grand chose à voir avec les livres, ni dans l'ambiance, ni dans l'histoire, ni surtout dans l'esprit. Là, on est carrément dans le grand guignol, avec effusions de sang à gogo, kama soutra de bas étage et histoire(s) sans queue ni tête... Plus que décevant : navrant ! Un point positif tout de même :le générique, original et superbe sur une musique géniale.

mercredi 7 septembre 2011

Expo Hugo Pratt à la Pinacothèque de Paris : un bonheur...

Sur les traces d'Hugo Pratt à la PinacothèquePas de chance pour vous parce que malheureusement, cette magnifique exposition est terminée. En fait, j'y suis allée vraiment au dernier moment parce que j'aime énormément l'univers de Corto Maltese (j'ai même eu un toutou qui s'appelait Corto, c'est pour dire !) et que je ne voulais vraiment pas la rater. Et je n'ai pas été déçue : plus de 150 aquarelles d'Hugo Pratt (1927-1995), la totalité des planches historiques de la Ballade de la Mer Salée, considérée comme l'oeuvre fondatrice de la "BD littéraire" (donc même les intellos y ont droit, c'est pour dire !), le tout regroupé autour de grands thèmes (le désert, les iles, les femmes...)... un vrai bonheur que cette expo ! Dommage qu'ils aient l'air de s'excuser dans leur avant-propos sur le fait de montrer le travail d'un bédéiste... Ca doit faire un peu trop populo pour la Pinacothèque (!) mais on leur pardonnera par ce qu'ils ont déniché quelques petits chefs d'oeuvres tout de même...


Hugo Pratt est né à Venise et traite l'eau de façon magistrale : ses aquarelles sont limpides, légères, parfaitement maîtrisées. Sans doute que tous les vénitiens ne sont-ils pas des aquarellistes de talent, mais je suis sûre que vivre dans ce lieu d'eau par excellence ne peut qu'aider ! Bien sûr, Pratt est un maître du noir et blanc, et d'ailleurs je trouve que ses BD ont plus d'impact comme ça que lorsqu'elles sont en couleurs, mais j'adore ses aquarelles...

Côté trait, H. Pratt me laisse sans voix. Son noir et blanc est parfait : rien de trop. Les lignes sont épurées, suggestives. A un moment de l'expo, on voit une interview de lui où il parle (parfois en italien, sans sous-titres !) de sa vie, de ses voyages et de son travail.et où on le voit un peu dessiner. Magique ! Je suis toujours impressionnée quand je vois ça. Je sais, c'était son boulot et qu'iil faisait ça depuis des années mais tout de même, ça me laisse rêveuse (voire jalouse ;o)...).
Pour ceux qui ne connaîtraient pas Hugo Pratt (et qui malheureusement n'auront pas la chance de voir cette très belle expo), je recommande vivement la lecture de la Ballade de la Mer Salée (bien sûr), mais aussi  celle des Femmes de Corto Maltese, qui reprend de splendides aquarelles des personnages féminins de ses bandes dessinées, parfois réelles (on y retrouve Tamara de Lempicka dont je vous ai parlé ici) parfois tout à fait imaginaires. Et pour finir, je vous propose un film magnifique réalisé à l'aquarelle (imaginez le travail !) et combinant images réelles et animation, qui reprend l'univers de rêve et de voyage du héro favori d'Hugo Pratt : Corto Maltese, la Cour Secrète des Arcanes. Très bonne bande sonore, voix de qualité et images somptueuses, bref une réussite. Dommage que le côté romantique de Corto ne passe pas mieux, au détriment de la violence, plus sobre dans les BD. Mais après tout, pourquoi pas ? En tout cas, le film m'a conquise, tout comme cette expo. Alors, si vous avez l'occasion de retrouver Hugo Pratt d'une façon ou d'un autre (enfin, n'allez pas jusqu'à vous jeter par la fenêtre ou avaler une bouteille d'eau de javel, ce serait excessif !), n'hésitez pas !

Hugo Pratt 1 Corto Maltese French BDz


A très bientôt sur Les Arts d'Alexe !

vendredi 10 juin 2011

Solaire de Ian McEwan, brillant sans éblouissement...

Ce n'est certes pas un mauvais roman : bien écrit, bien documenté, bien construit, il ne vous tombera pas des mains et ne vous laissera pas l'impression d'un livre sans intérêt. En fait, il ne vous laisse qu'une impression bien fugitive et c'est peut-être là le problème. Solaire, ça ne restera pas pour moi un livre inoubliable, loin de là.


 J'ai lu dans des critiques (et sur la quatrième de couverture) que Solaire était un roman comique et ironique. Ce ne sont pas des adjectifs que j'utiliserais pour ma part. Acerbe, cynique, satyrique, oui, mais comique, ça non. D'accord, il y a ces quelques anecdotes du paquet de chips ou de la poursuite par un ours blanc, mais avouons que ça tombe assez à plat. En tout cas, ne vous attendez pas à rire aux larmes !

Le personnage principal est détestable et les autres manquent de relief. On a l'impression qu'ils servent juste de toile de fond, au même niveau que le dérèglement climatique et le milieu scientifique dans lequel évolue le "héro" de Ian McEwan. La documentation est sérieuse, truffée de termes techniques et l'on ne doute pas un instant de la véracité de Michael Beard, Prix Nobel de Physique quinquagénaire qui vit sur sa notoriété. Mais ça n'empêche pas d'avoir du mal à rentrer dans le livre, peut-être à cause même de l'antipathie dégagée par les personnages. Beard est un être égoïste, imbu de lui-même alors qu'il est petit dans tous les sens du terme, capricieux, jaloux, menteur, magouilleur et lâche. Bref, l'homme idéal ! Ajoutez à cela qu'il a été marié cinq fois et a toujours été infidèle, que c'est un escroc mesquin et amoral et vous déciderez par vous-même si vous avez envie de suivre l'histoire de sa vie. McEwan a parfaitement réussi à décrire un homme sans aucune qualité sans le rendre caricatural. En cela, d'accord, c'est magistral ! Ceci étant, on peut admirer le talent de l'écrivain sans apprécier son livre au même niveau. Et c'est ce qui m'arrive. Je ne parviens pas à m'intéresser à l'existence de Beard.

Le livre aborde beaucoup de sujets de fond (l'écologie, la morale, le rôle des médias, le plagia, les milieux scientifiques et universitaires, la bureaucratie et j'en passe) sans jamais creuser : on reste un peu sur sa faim, comme pour son survol des personnages secondaires qui passent sans laisser vraiment leur empreinte, comme s'ils étaient entrés dans le roman juste pour permettre à McEwan d'amener son héro au bout de son expérience. Pour plus de critiques, vous pouvez aller voir ici.

En conclusion, je ne vous déconseille pas formellement Solaire mais n'en faites pas une priorité, à moins d'être un(e) inconditionnel(le) de Ian McEwan ! Sans compter qu'il n'est pas donné : plus de 20€ ;o) A vous de voir...

A très bientôt sur Les Arts d'Alexe !

jeudi 19 mai 2011

Elizabeth Gaskell dans l'ombre de Jane Austen

Déjà entendu parlé de Nord et Sud ? Non, je ne parle pas de la série télé sur fond de guerre de Sécession avec un Patrick Swayze encore sexy. Moi je vous parle d'un livre, devenu plus tard une somptueuse série télé réalisée par la BBC, avec le non moins sexy (à mon sens, bien plus, mais les goûts et les couleurs, n'est-ce pas...) Richard Armitage. Enfin, ceci est une autre histoire (soupir que vous ne pouvez pas entendre ;o)...)


Toujours est-il que Nord et Sud, publié en 1855, est l'un des livres les plus célèbres d'une auteure anglaise victorienne, Elizabeth Gaskell. Il retrace l'histoire de Margaret Hale, une jeune femme du sud de l'Angleterre, qui se retrouve dans l'obligation de partir dans le nord lorsque son père quitte le clergé. La famille fait face à la dure réalité d'une ville industrielle où les règles sociales sont différentes. La rencontre avec les Thornton, fiers propriétaires d'une grosse filature de coton, s'avère assez difficile pour Margaret qui sympathise avec certains travailleurs de la filature alors même qu'elle éprouve une attraction mélangée d'aversion envers John Thornton.

Si la série de la BBC base l'essentiel de son discours sur l'histoire entre Margaret et John, le livre d'Elizabeth Gaskell insiste beaucoup plus sur les relations humaines, la situation politique, sociale et économique de l'Angleterre de l'époque. La différence entre classes est longuement décrite ; Gaskell aborde les grandes questions de son époques en les présentant sous la forme d'une histoire romantique et morale (rappelons que nous sommes à l'époque victorienne, où une femme est censée écrire des romans strictement "féminins"...). Pour plus de détails sur sa vie, allez voir ici.


Portrait d'Elizabeth Gaskell à 22 ans

Détail amusant : E. Gaskell a aussi écrit son lot de romans gothiques, si à la mode à l'époque. C'est d'ailleurs avec ceux-ci, plébiscités par un certain Charles Dickens, qu'elle s'est fait connaître. En revanche, ses romans "industriels", critiques des attitudes contemporaines, prônant la tolérance religieuse et un certain féminisme, n'ont remporté un succès que tardivement. Aujourd'hui, des livres comme Cranford, Wives and Daughters ou North and South font pourtant partie des classiques de la littérature anglaise, à côté de ceux de son amie Charlotte Brontë, dont elle écrira la biographie, et de Jane Austen.

Je trouve bien dommage quant à moi que ces deux dernières (malgré tout le bien que je pense de leurs livres) fassent autant d'ombre à cette chère Elizabeth, parce que j'ai adoré ses histoires tout autant que son style, avec ses incursions dans la langue colorée typique à certains de ses personnages. Amateurs de témoignages historiques et de romantisme, tous y trouveront leur plaisir. 

Pour ceux qui seraient intéressés, ses livres sont en accès libre et gratuit sur internet (soit sur Gutenberg, soit ici, sur ce site spécialisé dans les livres écrits par des femmes). Et pour ceux qui préfèrent les images aux mots, les principaux romans d'Elizabeth Gaskell ont été repris par la BBC et sont devenus de grands succès que vous trouverez chez Amazon (en anglais seulement malheureusement).

Bonne lecture et...

A très bientôt sur Les Arts d'Alexe !